Louer une unité de votre immeuble à revenus à la nuitée peut sembler une façon rapide d’augmenter vos revenus — mais au Québec, en 2026, la location à court terme est strictement encadrée. Vous ne pouvez pas simplement publier une annonce et accueillir des voyageurs : il faut généralement un numéro d’enregistrement officiel, respecter le zonage municipal, et déclarer vos revenus. Ignorer ces règles expose à des amendes salées.
Pour un investisseur, la vraie question n’est donc pas « est-ce que ça rapporte plus? », mais « est-ce que j’ai le droit, et à quelles conditions? ». Chez Immeubles Murray Canada, vingt ans dans l’immobilier locatif québécois nous l’ont appris : la conformité passe avant la rentabilité. Voici ce qu’il faut comprendre avant de transformer une unité en hébergement touristique.
Qu’est-ce que la location à court terme
La location à court terme désigne la location d’un logement pour de courtes périodes, généralement moins de 31 jours, à une clientèle de passage. Au Québec, cela correspond à de l’hébergement touristique, une activité réglementée distincte de la location résidentielle classique.
C’est une différence fondamentale pour un propriétaire d’immeuble à revenus :
- la location à long terme est encadrée par le Tribunal administratif du logement;
- la location à court terme relève de la réglementation sur l’hébergement touristique;
- les règles, taxes et obligations ne sont pas les mêmes dans les deux cas.
Confondre les deux est une erreur coûteuse. Dès que vous louez à la nuitée ou à la semaine à des voyageurs, vous quittez le monde du bail résidentiel pour entrer dans celui de l’hébergement touristique, beaucoup plus encadré.
L’enregistrement obligatoire au Québec
C’est l’exigence la plus importante : au Québec, exploiter un hébergement touristique de courte durée requiert généralement un numéro d’enregistrement officiel. Opérer sans ce numéro est illégal et passible d’amendes importantes.
Concrètement, vous devez normalement :
- obtenir un numéro d’enregistrement auprès de la Corporation de l’industrie touristique du Québec (CITQ);
- vous inscrire auprès de Revenu Québec pour la perception des taxes applicables;
- afficher votre numéro d’enregistrement dans toutes vos annonces.
Depuis le resserrement des règles, les plateformes en ligne ont aussi l’obligation de vérifier que les annonces affichent un numéro valide, sous peine de sanctions. Autrement dit, l’époque où l’on pouvait louer discrètement sans s’enregistrer est révolue.

Le zonage municipal : où la location à court terme est permise
L’enregistrement provincial ne suffit pas : il faut aussi que la municipalité autorise cet usage à votre adresse. C’est souvent là que les projets de location à court terme s’arrêtent.
Les municipalités encadrent strictement cet usage et peuvent :
- interdire la location à court terme dans certaines zones résidentielles;
- la limiter à des secteurs précis ou à la résidence principale;
- exiger des permis ou imposer des conditions particulières.
Ne présumez jamais qu’une unité de votre immeuble peut être louée à court terme simplement parce que vous en êtes propriétaire. Vérifiez le règlement de zonage auprès de votre municipalité avant tout. Un numéro d’enregistrement provincial ne vous protège pas si le zonage municipal interdit l’usage.
Résidence principale ou immeuble à revenus
La distinction entre votre résidence principale et un immeuble de placement change beaucoup de choses. Les règles tendent à être plus souples pour la résidence principale que pour une unité purement locative.
En pratique :
- louer une partie de sa résidence principale à court terme est souvent encadré plus simplement;
- louer une unité d’un immeuble à revenus comme hébergement touristique est généralement plus restreint;
- chaque cas dépend du zonage et des règles en vigueur au moment de l’exploitation.
Comme ces règles ont beaucoup évolué et continuent de changer, validez toujours votre situation précise auprès de la CITQ, de Revenu Québec et de votre municipalité avant de vous lancer. Une unité d’immeuble à revenus n’est pas automatiquement admissible à la location touristique.

La fiscalité et les taxes
La location à court terme ne change pas seulement vos obligations réglementaires : elle modifie aussi votre situation fiscale. Les revenus tirés de l’hébergement touristique sont imposables et peuvent entraîner des taxes additionnelles.
Tenez compte notamment :
- de l’imposition des revenus générés par la location touristique;
- de la taxe sur l’hébergement applicable dans plusieurs régions;
- des taxes de vente (TPS/TVQ) susceptibles de s’appliquer selon votre situation.
Ces obligations s’ajoutent à la gestion quotidienne. Avant de comparer le rendement de la location à court terme à celui de la location à long terme, intégrez ces taxes à vos calculs, comme le rappelle notre guide sur le véritable flux de trésorerie d’un immeuble à revenus.
Court terme ou long terme : peser le pour et le contre
Sur papier, la location à court terme peut afficher des revenus plus élevés par nuitée. Mais une fois la conformité, l’effort et les risques pris en compte, l’écart se réduit souvent.
Avant de convertir une unité, comparez honnêtement :
- le revenu potentiel plus élevé, mais variable selon la saison et l’occupation;
- la charge de gestion : ménage, accueil, entretien, communications constantes;
- les contraintes réglementaires et le risque d’amendes en cas de non-conformité;
- la stabilité d’un bon locataire à long terme, plus prévisible et moins exigeant.
Pour beaucoup d’investisseurs, la location à long terme demeure plus simple, plus stable et moins risquée. Si vous achetez un immeuble déjà occupé, notre article sur l’achat d’un immeuble avec locataires en place illustre bien cette stabilité.
Les erreurs à éviter
La location à court terme punit sévèrement l’improvisation. La plupart des ennuis viennent du fait d’agir avant de vérifier. Les fautes les plus fréquentes :
- Exploiter sans numéro d’enregistrement, en toute illégalité;
- Ignorer le zonage municipal, même avec un enregistrement provincial;
- Sous-estimer la gestion et l’effort réels que demande l’hébergement touristique;
- Négliger la fiscalité et les taxes applicables.

Éviter ces pièges, c’est s’assurer que la location à court terme reste un choix rentable et légal plutôt qu’une source d’amendes. En 2026, l’investisseur avisé vérifie d’abord ce qu’il a le droit de faire — puis décide si le jeu en vaut vraiment la chandelle.



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